Centre des Congrès

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Tout notre travail, sur le contexte ou plutôt les contextes, la place général Leclerc, la rue Palissy, le jardin de la Préfecture, la Gare de Laloux, a été d'échapper à une sorte de fatalité qui nous conduirait à subir une situation, et à sortir ce terrain de son statut plus ou moins résiduel. C'est un travail sur la spécificité d'une ville, d'une situation urbaine et d'un programme. Un travail d'équilibriste qui prend en compte les différents vis-à-vis et les différentes perceptions. La contradiction est entre le programme et ce qui doit devenir une pièce urbaine majeure et le statut domestique d'un terrain qui appelle plutôt une non existence, tant la présence et la situation de la préfecture, de la gare, en font les points majeurs et incontournables du lieu. Vu du boulevard et de la gare, le Centre de Congrès doit se lire comme une pointe, un cap en interférence avec le parc comme une invitation à entrer.
Du coté du parc, ce dernier prolongera son sol par le nouveau bâtiment. Pour le piéton, c'est une transparence qui se crée entre la rue Palissy et le parc. Il est invité à rentrer. Du coté de la rue Palissy, on peut se promener à couvert en suivant une façade vitrée qui est spectacle sur l'intérieur du centre. Depuis la place couverte on lit le ventre et le développement en profondeur du centre. Trois salles suspendues, gris métallisé anthracite, capotées. Ces salles sont sous un grand toit, un peu arrondi dont le gris anthracite s'harmonise avec les ardoises de la loire. On découvre la symétrie et l'organisation rigoureuse de l'ensemble, tout s'enchaîne, s'emboîte. Des courbes amènent en partie nord à intégrer doucement la cage de scène dans une logique formelle très cohérente. Vu de loin, de profil, c'est le caractère nerveux et acéré de l'édifice qui frappe, son côté surbaissé, horizontal. Le débord des auvents crée des ombres et les grands vitrages abrités par ces auvents laissent voir les salles comme des inclusions. Des escaliers croisés sont suspendus symétriquement. Ils se lisent comme des lampions. Le soir, la lumière vient du noyau central et une superposition de trames et de matières rend mystérieuse la source de cette lumière.
Les trois salles se lisent clairement séparées par des failles transparentes. Des escalators décalés, sur une ligne brisée, sur les flancs conduisent aux salles, mais aussi au grand espace exposition, plateau de 4000m2 sous le toit. Près de la pointe, c'est le restaurant qui bénéficie de la position stratégique de la proue. Paradoxe de simplicité externe et de complexité interne, de compacités et de transparences, de symétries et de réponses diverses au parc et à la rue, le centre des congrès de tours se développe sur le fil de ces contradictions avec nous l'espérons naturel et évidence : Il est fait pour être là.
Jean Nouvel

- Statut : Inauguré en 1993
- Lieu : Tours, France
- Dates : 1989-1993
- Surface hors oeuvre : 35 000m2
- Surface utile : 22 000m2
- Type de commande : Publique
- Type de mission : M2 Etendue
- Maîtrise d'ouvrage : Société d'equipement de la Touraine (SET)
- Programme : Salles de 2000, 700 et 350 places, plateau d'exposition de 120 stands, 800m2 de salles de commission, restaurant de 800 personnes
- Coût de construction : 48 780 000€ 320 000 000frf (Valeur 1990)
Equipe architecturale
- Jean Nouvel, Emmanuel Cattani et Associés
- Chef de Projet : Frederique Monjanel
- Assistants Chef de Projet : JF Parent, Julie Parmentier
- Architectes : Veronique Parent, Roland Pellerin, Isabelle Guillauic, Richard Wesley-James
- Conducteurs de Travaux : Patrick Colas, Fabrice Rousseau
- Graphisme : Sabine Rosant
Equipes missionnées
- Conception scénographie Générale : Jacques LeMarquet
- Bureau d'etude scénographie : Ducks; Michel Cova
- Acoustique : Peutz et Associés
- Coordination Pilotage : Ingénierie Méthodes Conseils
- Façades : Jean-Louis Besnard, Robert Yan Van Santen
- Ingenierie : OTH
- Ingenierie BET : Gilbert Le Corre
- Securité : Casso Godin
- Photos : Philippe Ruault, Gaston Bergeret (Maquette)
- Maquette : Etienne Follenfant
- Images de synthèse : Vincent Lafont, Didier Guislain