Grand Stade

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Urbaniser trente hectares aux portes de paris doit aujourd'hui être un acte symbolique. Symbole de l'attention portée à la revalorisation progressive de territoires malmenés naguère par l'urgence d'un développement peu contrôlé. L'urbanité n'est pas une valeur démodée. Urbanité et modernité ne doivent plus jamais être opposées. Urbaniser c'est humaniser. Nous sommes entrés dans l'âge urbain. Nous devons assumer historiquement le stade de cette évolution, le stade urbain. Ici se pose la question cruciale du sens que peut avoir un Grand Stade dans la ville. La référence à l'arène est, en terme d'urbanité, excellente. Il ne s'agit pas de créer un stade de plus, mais bien une architecture monumentale festive, donc ludique, attractive, accueillante. Qu'est ce qui caractérise les arènes ? D'abord l'affirmation de l'échelle, une arène ne se cache pas, ne s'enterre pas ! Elle est la fierté d'une ville dont les quartiers s'organisent en fonction d'elle. Les arènes sont rythmiques et appellent le regard en profondeur. Le Stade lui-même est le premier des supporters. Nous proposons une solution radicale qui permet de résoudre l'angle de vision sur les aires de jeux et d'assurer l'ensoleillement de la pelouse. Notre stade n'est pas partiellement modifiable. Notre stade est 100% mobile. A cette mobilité de base, s'ajoutent deux mobilités complémentaires : la toiture coulissante autorise l'ensoleillement maximum de la pelouse et des tribunes partiellement découvertes pour le confort d'été. Le dessous des tribunes est doublé d'un profil réglable à base d'enrouleurs de sangles qui s'accrochent aux sols des gradins. L'ensemble est une symphonie de bleus. Nuances et rythmes aux couleurs de nos équipes nationales. S'il est inconcevable de conditionner le stade de football de la coupe du monde par des contraintes extérieures, il est réciproquement aussi inconcevable de conditionner le Stade Olympique par le football, a commencer par la jauge. 65 000 places, c'est le minimum olympique. Imagine t-on gagner une compétition olympique en atteignant seulement le minimum de qualification ?
Les cérémonies olympiques sont de celles qui déplacent le plus de public. Notre stade olympique aura 85 000 places. Il intégrera des écrans géants aux quatre angles. Ces écrans sont indispensables pour bénéficier du spectacle filmé en direct, en gros plan. Un stade olympique urbain est un stade qui peut accueillir un large public qui de toutes les places, voit tous les détails. Quatre écrans géants, c'est dans le sens de l'histoire et c'est un record olympique.
Jean Nouvel

- Statut : Concours lauréat
- Lieu : Saint Denis, Paris
- Dates : Concours en 1994
- Surface Utile : 84 000m2
- Type de commande : Publique
- Type de Mission : Concours concepteur, constructeur, concessionnaire
- Programme : Stade de football de 80 000 places, stade d'athlétisme de 65 000 places, stade d'entraînement, parkings
- Coût de construction : 300 000 000€
- Maîtrise d'ouvrage : Mission interministérielle à la Coupe du monde de football 1998
- Maîtrise d'oeuvre : Jean NOUVEL - Ateliers Jean Nouvel
- Chefs de projet : Françoise Raynaud, Frederique Monjanel
- Architectes : Joelle Achache, Philippe Bona , Guillaume Potel, Hala Warde, Isabelle Agostini, Tristan Fourtine, Damien Lecuyer, Jean Pierre Bouanha, Marine Donda, Mounir Elhawat, Agnès Plumet, Massimo Quendolo
- Graphisme : Sabine Rosant
Equipes missionnées
- Equipements sportifs : HOK Sports, Michael Lisher
- Structures : Ove Arup and Partners, Paul Nuttall
- Acoustique : Peutz et Associés
- Scénographie : Ducks, Michel Cova
- Sécurité : Casso, Argos
- Maquettes : 1/500 Etienne Follenfant, 1/200 Nouvel Atelier et Pipers International
- Photos maquettes : Gaston Bergeret