Hôtel de ville

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ELLE

ELLE, la maison de la ville, est sous le soleil. Elle le connaît. Elle s'en méfie. Mais c'est un jeu ancestral. Ombres, reflets, vues à travers des persiennes...
Elle s'est installée le long du Lez. Elle le regarde. Elle l'invite aussi. Elle l'accueille, le laisse entrer... Gage de fraîcheur et de lumière vibrante.
Elle habite aux confins d'un grand parc et de la ville. Les arbres viennent l'assiéger. Les calades de la place se glissent dans le hall...jusqu'à l'eau. L'urbanité du sud a fabriqué une place avec des fontaines, des cafés, des commerces sous les toiles. Régulièrement, entre les devantures ou les terrasses, des grilles s'ouvrent sur des cours intérieures par des passages aux escaliers de fer et aux grilles forgées.
Elle est en harmonie avec l'architecture voisine, basse, inscrite dans la différence de niveau entre l'esplanade du parc et le parvis de calades.
Elle est accueillante. Elle se donne à voir comme une grande porte ouverte transparente sur sa lumière et sur le parc.
Elle affiche la couleur. Bleue comme le ciel, comme la mer, comme le blason de Montpellier. Le bleu révèle doucement des transparences atténuées, protection d'une vie intérieure suggérée qui intéresse les habitants.
Elle est en bois. Sa peau est faite de bois gris un peu argenté, un soupçon doré. Ce bois qui a pris le soleil et qui ainsi s'est protégé. A l'intérieur, c'est une autre essence, plus satinée, chaude, entre miel et caramel.
Elle est tissée de tasseaux, de lignes orthogonales ou parallèles, où le hasard semble affronter la logique. Au nord ouest des lames fines strient la vue sur la ville. A l'ouest et à l'est, des persiennes projetables aux lames orientables créent un aléatoire toujours renouvelé. Au sud, des brise-soleil horizontaux préservent la vue sur le parc et le lointain. Quatre façades différenciées unies par les rythmes et le matériau. Tissages dans deux dimensions tantôt dans un plan horizontal tantôt dans un vertical.
Elle est habitée par une lumière intérieure, vibration intrigante depuis l'entrée. Cette lumière imprime les plafonds. Dans les bâtiments publics, les plafonds sont les signes de l'institution. Ici dans le hall public ils sont vif argent, habités par les profils de médaille de Jacques Coeur ou de Cambacérès. Dans la salle du conseil sur fond de différents bleus s'alignent les principes de la déclaration des droits de l'homme. La salle des réceptions publiques est dominée par une foule de Montpelliérains.
Elle s'organise autour d'un patio entre eau et ciel. Tous ceux qui l'habitent ont la vue soit sur la place, soit sur le parc, soit sur la rivière soit encore sur le patio et les reflets de l'eau sur l'argent des murs et des auvents perforés mobiles qui changent la géométrie du bleu du ciel. Vivre ici c'est ressentir une lumière, un climat. C'est voir des arbres du sud, des horizons géographiques urbains ou naturels.
Elle offre à ses hôtes des terrasses. Les grands salons publics se prolongent à l'extérieur avec vues sur le Lez. Les mariés arrivent par le parc sur une terrasse-loge entre végétation et eau avant de pénétrer dans la salle des mariages aux claustras opales qui s'ouvre sur des terrasses de rhododendrons et d'azalées ...
Elle offre à tous son escalier d'honneur qui est le lien entre ces salons d'été, escalier doublé d'ascenseurs panoramiques avec vue sur l'axe de Port Marianne. Ces terrasses, ces escaliers s'abritent derrière des tissages bleus qui impriment le paysage et tamisent les rayons du soleil.
Elle est organisée pour favoriser les relations. Rien n'est vraiment loin. Tout le monde sait où il est. Entre les élus à l'est et l'administration de la ville à l'ouest une vingtaine de mètres et deux chemins...C'est une grande maison qui voudrait réduire les distances, favoriser les rencontres...
Elle est un intérieur de ville, réinterprétation des mille raisons de vivre avec les autres, d'aller les voir ou de les recevoir: arbres, jardins, terrasses, eau, fraîcheur, ombres, lumières, cadrages, filtrages, images, interférences, elle s'efforce d'être hospitalière et optimiste consciente que son rôle est d'inviter tous les Montpelliérains.

Jean Nouvel

STATUT Construit
LIEU Montpellier, France
DATES
CONCOURS Juin 2003
DCE Novembre 2006
TRAVAUX Février 2008 / Novembre 2011
MAÎTRISE D'OUVRAGE Ville de Montpellier
SERM [Société d'Equipement de la Région Montpelliéraine]
TYPE DE MISSION Concours projet lauréat
Hôtel de Ville et parking: Maîtrise d'oeuvre
ZAC: Mission d'urbaniste - coordinateur
Espaces publics et Parc public: Maîtrise d'oeuvre
PROGRAMME
Accueil du public, services accueil de Vie quotidienne et État Civil, salle de rencontres, salle de mariages, salle de conseil et bureaux des services de la Ville, parking
SURFACE UTILE
Hôtel de ville 27 800 m2
Parking 700 places
Parc 4,5 hectares
ZAC 9,5 hectares
EQUIPE ARCHITECTURALE
Associé: François Fontes
Chef de projet: David Fagart (concours)
Barbara Salin (études)
Susana Vitoria (études et chantier)
Xavier Hardouin (chantier)
ARCHITECTES
CHANTIER
Luisa Caprio, Camille Decitre, Anthony Pascual, Aziliz Pellet, Elodie Marliere (Assistante administrative)
ETUDES
Vincent Chaigneau, Charlotte Khim, Fredy Laun, Stephan Matthys, Félix Medina, Laurent Pereira, Yves Rouby, Erwan Saliva, Gemma Serra, Andreas Urff
CONCOURS
Céline Davrinche, Julie Fernandez, Charlotte Khim, Oystein Sjostrand, Caroline Souvembrie, Mirco Tardio
GRAPHISME Natalie Saccu de Franchi, Eugénie Robert, Marie Maillard
DESIGN INTERIEUR Sabrina Letourneur
IMAGES DE SYNTHESE Benjamin Alcover, Mizuho Kishi, Mirco Tardio, Jugulta Le Clerre
MAQUETTES Jean-Louis Courtois
INGENIEURS
STRUCTURE & FLUIDES Terrell Technologies
STRUCTURE Verdier
FACADES RFR
ACOUSTIQUE Avel
SCENOGRAPHIE dUCKS scéno
ECONOMISTE GEC