Tour Phare

France Go Full Screen

" TOI ME VOIS "

Dans le skyline parisien d'aujourd'hui, une seule icône existe au seuil de 300 mètres : Madame Eiffel.
Créer la deuxième est intimidant... Mais l'occasion est trop belle de pouvoir remettre Paris et sa région sur la carte de l'invention du monde urbain. C'est de salut public.
Pour cela, évidemment, la nouvelle icône doit avoir l'ambition d'être aussi fameuse que sa compagne... Grand enjeu !
Architecte pusillanime s'abstenir ! Ce n'est pas le moment de s'arrêter de penser et de proposer la x ième tour de bureau... !
Eiffel parlait de la révolution industrielle du XIXème siècle, du mythe de l'acier, de la conquête du ciel par des structures arachnéennes.
Alors, parlons de la révolution visuelle du XXIème siècle, du mythe de la séduction de l'image, de l'image numérique, instantanée, qui nous informe et nous fascine.
La tour Eiffel a une petite tête bien accrochée, la tour phare a une grande tête qui tourne.
On ne comprend pas très bien ce qu'est la petite tête noire de
Madame Eiffel, on comprend que la grande tête de la tour phare tourne pour mieux nous regarder mais aussi pour mieux se faire voir.
Voyeuse, exhibitionniste !
Jeu conceptuel connu : " moi te vois " - " toi me vois ".

Tour - image / tours d'images / images magie / éclats / surprises / impressions surimpressions images fugaces furtives / apparition disparition / images sur l'île de France, sur Paris / image sur la vie ici et maintenant, sur ce qui se produit ici, sur ce qui passe et se passe ici.
Tour - révolution / révolutions / petit monde qui tourne sans en avoir l'air / nano planète... et pourtant elle tourne.

Connotation populaire et poétique : la tête qui tourne sur le corps – humanoïde ? Robot ?
La nano planète : micro monde caché - à découvrir ? – micro climat ?
Tourner au dessus de Paris et de l'Ile de France.
Etre survolé par les lentes révolutions silencieuses.

C'est ainsi que la tour phare peut devenir aussi familière que son ancêtre, surtout si on considère son sens politique :

Elle affirme clairement son ambition de s'adresser à l'ensemble de la ville.
Elle symbolise l'extension de Paris hors de ses frontières traditionnelles.
Elle parle à tous, elle leur parle de leur vie, de la beauté de Paris et de l'Ile de France.
Elle rayonne.
Elle renforce sur la carte l'ouest parisien, " centralise " un territoire urbain de Courbevoie à Puteaux en passant par Nanterre, Levallois et Neuilly...
Elle exprime clairement par son attractivité que La Défense mute et va devenir un centre accueillant de jour comme de nuit.
Elle dit aussi que notre capitale est toujours un territoire de modernité et que sa modernité est différente du brutalisme athlétique et muet qui caractérise les nouveaux monuments de la ville globale du XXIème siècle.

Jean NOUVEL

- Statut: Non-construit
- Lieu: Paris, La Défense
- Dates: Concours: Juin / Novembre 2006
- Maîtrise d'ouvrage: UNIBAIL
- Type de contrat: Mission architecturale
- Programme:
Bureaux (115 000 m2 shon)
Salles de marché
Salles polyvalentes
Restaurants inter-entreprises
Restaurants publics
- Surface utile: Shon 145 000 m2

Equipe architecturale
- Conseillers auprès de Jean Nouvel: Hubert Tonka, Olivier Boissière
- Structure de création architecturale: David Fagart, Toshihiro Kubota
- Chef de projet: Eric Stephany
- Architectes: Paul Emmanuel Loiret, Sylvie Erard, Alain Gvozdenovic, Pedro Dinis Rodrigues, Arnaud Brichet, Kiyomi Suzuki
- Stagiaires: Ute Rinnebach, Anne Mikoleit, Mathilde Bardel, Sonia Diez, Constanza Jorquera
- Graphisme: Natalie Saccu de Franchi, Rafaelle Ishkinazi , Elise Taponier
- Paysage: Rémy Turquin
- Images de synthèse: Jean Angelini, Mizuho Kishi, Manal Rachdi
- Maquettes: Jean-Louis Courtois, Jean-Marc Kurczewski
- Film: Odile Fillion, Pierre Nouvel, Valère Terrier

Interventions artistiques: Alain Fleischer , Marie Maillard

Ingénieurs
- Structure, Façades: Arup, Paul Nuttall
- Fluides: OTHEM, Pascal Wiecheteck
- Thermique: Transsolar, Matthias Schuler

Consultants
- Structure: Jean Marc Casso
- Ascenseurs: Kone